Jenny Salgado

alias J.Kyll

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3ième édition du Festival Fro.
J’ai pas besoin de vous parler de tout le déroulement dans les moindres détails. Évidemment, c’était encore génial. Mais ça, depuis l’temps, vous le savez. Il faut être là.
M1 qui a été refusé aux douanes en arrivant ici ? Bof.
Ça non plus ce n’est plus une surprise. Politics as usual.“ Qui es-tu, pourquoi viens-tu, qu’emmènes-tu et que rapporteras-tu avec toi ? ”
Si chacune de tes réponses est réfléchie, conséquente et invulnérable, déjà, ne sois pas surpris de t’faire revirer d’bord.
Et alors ? On est à l’air du multi médiums. Ils ont allumé l’écran et…état d’âmes. Comme par magie, boom ! Tout l’monde écoute M1 en direct. Power on and on to the people…
Inspirante soirée d’empowerment.

Non, j’ai juste quelques questions qui m’habitent à propos de toutes les discussions, tous les débats enflammés entendus en coulisses, entre les shows, après les conférences…
Est-ce qu’on doit encore, nous peuples noirs, en 2015, se réunir entre nous, exclusivement entre nous, pour nous retrouver, nous comprendre, nous définir, nous aimer ?
Ou sommes nous enfin arrivés au chapitre de l’histoire où on entreprend en toute liberté l’ouverture des portes aux autres, où on les reçoit, où on les invite à entrer pour découvrir qui nous savons que nous sommes ?

Je suis déchirée. Est-ce qu'on peut faire les deux en même temps ?
Je ne suis pas prête à affirmer que la liberté d’action et de dire n’a plus besoin d’intimité.
Surtout pas dans un monde qui nous apprend que la vérité ne doit se dire qu’entre nous, en privé, dans des interventions familiales, sinon allongé sur un divan, entre quatre murs soumis à l’obligation de confidentialité. Autrement, tu risques de passer pour un fou furieux !
Surtout pas dans un monde où les gens se dénominateurs tous autant qu’ils somment sous formes de rapports entre Nou et Yo, nous et autrui, nous et nos étrangers, nous et nos sujets…
Est-ce qu’on peut se rappeler qui on a été, qui on est et qui on se doit d’accepter ou de refuser d’être désormais, avec toutes nos forces, tous nos acquis mais aussi toutes nos faiblesses, devant les autres ? Ce ne serait pas un peu nous donner en spectacle ? Quasiment comme dans une ménagerie ou un genre de “faisons mine d’être untel, faisons mine d’être tels, faisons mine d’être autel, mine d’être mystère, mine d’être austères, mine d’être stèle, mine d’être stellés ou mortels…” un genre de minstrel pour ministères à la Orwell ?

Mais si tu crées un événement ici au Québec et que tu vois le Québec, le tien comme celui des autres, venir à ta rencontre, vas-tu camper une autorité à la porte qui fera le tri et décidera qui est admis ou refusé ? Ou vas-tu laisser les portes ouvertes à tous, que chacun décide s’il veut rester ou partir, s’il fait partie de nous ou si pour lui, tu resteras à jamais un autre ?

Je me connais. Je peux vous dire que je sais qui je suis.
Que le monde entier à besoin de le savoir quand c’est au monde entier que je m’adresse, 1, rue de la Case Départ.
Si j’avais participé à un Festival Fro en Afrique ou en Haïti, nous ne nous serions certainement pas dit les mêmes choses que cette soirée-là à Montréal.
Mais ici, nous nous devons, non par pour les autres mais pour nous-mêmes d’abord, de tenir en “ lignes de contes ” l’endroit où nous vivons, ses réalités et ses possibles que nos parents ont choisis, où ils ont accepté de s’installer pour nous, pour la liberté du vivre ensemble, pour le “ I am a dream…car les enfants de Martin luttèrent.”

On peut être tribu et partager ses attributs avec ceux qu’on reçoit.
On peut être éventuellement familiarité pour les uns puis progressivement famille pour les autres.
Jusqu’à ce qu’on se salue, humanité.
Je l‘ai déjà dit : Il suffit de choisir son quand.

p.s. Shoutout à ma sis, BerekYah ! Grande oeuvre que tu laisses en marquant ton présent. Tu m'inspires !
Pow Pow ! On parle fort ! Et que nous parlions Fro ou que nous parlions for, nous parlons toujours forteresse.
Let's do it, sis.

Et shoutout aussi à tous ceux qui ne font plus semblant d'être conscients, les cheveux au vent et l'esprit en laisse, à ceux qui ne jouent plus aux p'tits soldats d'aplomb, à ceux qui ne nous divisent plus en classes associales, qui ne lèvent plus le poing pour pointer le doigt, à ceux qui ne portent plus l'uniforme du pouvoir qu'on a sur eux ou qu'ils feignent d'exercer sur eux-mêmes, car qui parmi nous est réellement libre ?
Shoutout à tous ceux qui agissent et parlent toujours, dans chacun de leurs mots et de leurs gestes, en fonction des autres tout qui nous somment.

 

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