Jenny Salgado

alias J.Kyll

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Le printemps de Schwarzschild

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Une marche dans le quartier. Ça faisait longtemps.
Avec le printemps, les rideaux se lèvent.
Quand on est dehors, on voit en’dans.
Quand on est dehors, on voit en’dans qui voit dehors.

À chaque fenêtre, les yeux stoïques de la pauvreté croisent mon regard.
Pas un seul battement de paupière. Pas un sourire, pas un mot. Même pas un cri à l’aide.
Juste l’habitude, le quotidien, la sentence…
On la reconnaît encore dans les parcs, quand le soleil lui donne permission, entraînant avec elle le chagin à ses chevilles et la devançant, la tirant par la main, ses héritiers empressés d'user leurs espadrilles.

Sur les murs intérieurs, le temps fut tellement compté.
Tapisserie rayée sur l’innocence originelle.
On sait que les jours ne nous appartiennent pas.
Qu'on est ici que pour les détonner, que ceux qui disent les façonner soient comblés par notre silence universel.
Qui peut encore avoir des ailes ?
Luxe, vanité, loisir.
Éventuellement nous sortirons. Humanity was here.

Adorer l’invisible, prier la mort quand on sent qu’elle seule croit en nous.
Si elle prend son temps, elle nous rendra le nôtre.
Parfois, quand le soleil se pointe encore à l’horizon ou quand on se demande si cette fois il résigne, rompre le pain avec tous les païens du monde.
Ceci est mon corps livré, le temps d’une ronde. À chacun ses anges dans la mésangette…
Peux-tu le dire encore, ton visage dans le tain, quand la lumière s’éteint, les lendemains hautains, le cerveau atteint, le cœur athée, la langue à terre, en marge du destin ? Non ? Parfait. Tu te tais. Tu t’étreins.

Tous ici ensemble, à s'partager le nulle part, dans le tout un chacun pour un tour d’illusoire, odeur de chimie, éthanol, combustible, le zippo enflamme l’hypocondrie, les fibres du ciel dans la penderie…dans la tour d’ivoire, ainsi on va s’aliter, piano, couchés à côté des éléphants et des hippos en voie d’extinction.
En réalité, ce n’est même plus du rêve, cela naît que de l’abstraction. Mano a mano.

J’entends les voix d’enfants. Elles me rappellent mon présent.
Tous les enfants jouent aux mêmes jeux.
Tous les enfants se ressemblent, en dehors comme en’dans.
Je marche encore un peu.
Je tourne le coin d’une rue, je traverse la frontière.
Qu’est-ce que j’ai laissé derrière ?
Chu-tu encore dedans ou est-ce que je mens, suis sortie ?
Parce que j’ai changé d’espace vital, j’ai évolué dans le temps ?
Les mots, la théorie… Alors tout est relatif, à part l’humanité ?

L’espace-temps. C’est ce qu’on invente pour se dire que tout n’est pas dans tout et que tout n’arrive pas en même temps.
Comment s’en sortir ? Le soulier de verre fera une bien plus belle histoire à dormir debout, à raconter aux enfants que le trou de ver.
L’héroïne de mon histoire. Ce voyage, ce fixe qu’on veut retrouver à jamais.

Tous les enfants jouent à la guerre.
Tous les enfants s’ battent à la vie à la mort, jusqu’à ce qu’on leur demande de rentrer se coucher.
Tous les enfants sont des enfants de guerre, nés de la vie et de la mort dessouchée.
War child, there is no shield…
Tous innocents, tous coupables. Tous libres, tous détenus et condamnés au trou.
Tous à marcher dans l’vide ou marcher sur le fil au-dessus du trou noir éternel de Schwarzschild.

 

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