Jenny Salgado

alias J.Kyll

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Je rentre de tournée en Afrique.
Mon horizon s'est élargi. Mon esprit, mon coeur, ma famille se sont élargis aussi.
Ma définition et ma fonction sont beaucoup plus définies.
Respect et gratitude. Bassé.
Je dois maintenant réincarner mon corps, me rééquilibrer en Amérique systémique avant de pouvoir tout vous raconter, tranquillement, peut-être pour le restant de mes jours, vous dire comment nous sommes tous africains.


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Shout out au cypher de Casa, à la jeunesse de Libreville, aux Poètes du Panthéon (esprit libre, équilibre ! Le peuple m'a soulevée! Vous êtes le vent et les ailes !), au collectif du Tic-Tac Slam (on ne fait que commencer !) aux futures stars de Lambaréné (j'étais venue vous apprendre, vous m'avez appris. Merci) à ma tribe for life Zion High! (Morniers Nganga connex, merci de nous avoir nourris, corps et âme et de nous avoir protégés, de nous avoir présentés au coeur et aux esprits du Gabon. Bassé. Universalité. Je suis des vôtres pour toujours) On est ensemble ! Bâtissons !

Merci à tout le staff qui nous a accompagnéss et protégés avec du respect et du love, quoi qu'il en était.

Béré, Tanguy (vous êtes des chefs. éternels remerciements), Meryem (my sista! You already know), Monk-E (pas meilleur que toi avec qui vivre une telle aventure), Engone EndGun (hâte la suite)...we are one. Comptez sur moi. Faisons le tour du monde ! Je vous suis.
Respect et gratitude.

Kot moun yo ?
Men moun yo !!!!

p.s. Le Rap est le plus grand langage universel de tous les temps. Partout sur le globe, le peuple parle Hip Hop.
De plusieurs nous ferons qu'un ? Gorge déployée ! Un, nous sommes déjà !
Que chacun garde sa culture au sein d'une seule et même nation humaine ! Toutes nos différences sont de la même sève, nourrissent une même nature, viennent de la même source !

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L'Afrique, c'est la réalité totale à ciel ouvert.
Quand on vit “ under the grid ” en Amérique, sous la grille de l'espace temps, du 9 à 5, du faut bosser pour payer les bills, du il faut atteindre le succès, devenir, se prouver, se démarquer puis tripper dans l'artifice des congés et des temps libres, on oublie toute l'ampleur de la réalité et de ses formes existentielles.

J'ai failli me battre dès que j'ai mis les pieds au Maroc, là où toutes les émotions s'enflamment en un rien de temps. Là où les gens sont souriants, serviables, doux mais deviennent colère fulgurante au moindre désaccord.
Là où celui qui gueule le plus fort obtient ce qu'il veut.
Là où les femmes sont silencieuses, intérieures et les hommes volubiles, présents, insistants.
Telle est leur sincérité manifeste. Je l'ai beaucoup appréciée.
Partout, la justesse du respect dans sa sincérité. Donc conséquemment, en moi aussi.
Puis on m'interpelle : « Bonjour ! Êtes-vous artiste ? Rappeuse ? »
Et je freestyle avec la jeunesse. La connexion est immédiate. Elle m'amène là où il faut. Dans le coeur de Casa. Là où ça coûte moins cher et ca goûte meilleur. Là où la bonté est intrinsèque à l'homme.
Mais je ne généralise pas. Je n'y suis pas restée assez longtemps. Ce n'est pas le Maroc. Ce n'est qu'un moment dans l'existence. Or, cet instant pour moi est un exorde infini !

Libreville. Vivante ! Elle ne dort jamais.
La où pagne c�toie sapologie.
La où Hip Hop c�toie le Ngombi.
La où la pauvreté côtoie la liberté et la légereté d'être !
La où la jeunesse écoute avant de parler.
Là où j'ai été témoin des talents les plus prometteurs.
Là où on a été reçus comme des étoiles et où les jeunes m'ont récité mes textes parmi les plus obscurs ! Ceux qui demandent une fouille consciencieuse pour être trouvés !
Et ils m'ont dit : « On te suit! On te suit depuis longtemps ! Guide-nous ! »
Imaginez l'aurtorité de cet instant ! Les larmes qui sortaient de mes yeux qui semblaient s'ouvrir pour la première fois et déferlaient sur mes joues fiévreuses n'arrivaient pas à étancher mon coeur fébrile. Guide-nous ? Moi qui suis venue me chercher chez vous ? Ça veut tout dire. Le cycle est complété.
Et lors du concert de clôture, ils m'ont soulevée, aussi lourde que je suis, dans les airs « On t'aime Jenny ! » ï puis ils m'ont mis le Ntoum dans les mains. Je resterai à jamais dans vos bras.
Je sais, ce n'est pas le Gabon. Ce n'est qu'un moment dans l'existence. Or, cet instant pour moi résume toute ma carrière ! Mon devoir !

Lambaréné.
Il fallait que j'aille lui faire la leçon. Elle a fait de moi son élève.
Là où j'ai remercié les femmes qui nous ont nourris et se sont occupé de nous comme si nous étions des leurs. Puisque nous étions leurs. Elles travaillent si fort ! C'est impressionnant ! Pour elles, la vie est un travail qu'on accepte avec grâce. Elles m'ont dit, avec le plus inconditionné des sourires : « Ne nous remercie pas. C'est normal. Nous sommes mamans. »
Elles ont versé des larmes à notre départ. Moi aussi j'ai pleuré. Beaucoup.
Merci encore, mamans. On se revoit bientôt.

Et tous ces enfants qui croient encore à l'avenir !
Qui ne demandent qu'à apprendre et à se raconter !
On a chanté, dansé, mangé, dormi à leur côté. On a porté leur uniforme.
Comme eux, on a plongé dans l'Ogoué.
On a joggé tranquillement sous la pluie nocturne en invoquant sans mots la litanie de l'abandon qu'ils nous ont transmise. L'abondance dans l'abandon.
On a monté avec eux ce spectacle attendu.
Ils ont été applaudis vivement par tous mais leurs yeux ne cherchaient que nos regards approbateurs.
Pour eux, nous étions la terre entière. Pour nous, ils étaient une parcelle de l'au-delà !
Je leur ai dit : « Kot moun yo ? »
Ils m'ont répondu «  Men moun yo ! »
Et ce n'est pas devant mais derrière moii, avec moi qu'ils ont chanté ensemble “ se pou sa nou rasanble ! ”
Je sais. Ce n'est pas tout de Lambaréné. Mais pour moi, c'est toute ma jeunesse universelle qui se lie à mon intemporalité !

Ndzeng Ayong! Zion High!!!
Mon clan, ma tribu, ma famille à la vie, à l'amour !!!
Ouais, j'avais oublié comment l'amour pouvait naître de façon instantanée entre les êtres. Je vous ai aimé pour toujours dès le premier regard. Et je sais que l'amour absolu est partagé.
Toutes ces soirées sur la galerie à écouter vos légendes élévatoires, à écouter ténoriser la harpe !
Je me prosterne à jamais aux portes du Mbandja, sous le feu de NzambeKana.

Respect et gratitude pour l'accueil magistral, pour les repas et les repos du corps et de l'esprit. Respect et gratitude pour l'équilibre des extrémités des sentiments et des actions de l'homme qui accède à sa grandeur et à sa petitesse, au charnel et à l'immatériel de ses intentions.
Si ce n'était de vous, nous n'aurions vu que les étoiles qui classifient les hôtels et senti la froideur de l'air climatisé. Sinon, on aurait crevé la dalle dans les bidonvilles, laissés à nous mêmes dans la faune humaine sous la loi de la jungle devant laquelle je m'incline.
L'âme, l'esprit, le sacré de ce voyage vient de vous ! Bokayé !
Vous m'avez rappelé comment chaque mot, chaque geste doit être significatif.
Vous m'avez rappelé comment la liberté se choisit et s'honore à chaque seconde.
Comment la mort n'est qu'une autre vie et le deuil, la cérémonie du triomphe de l'éternité !
Vous m'avez démontré comment le stress n'existe pas !
On fait ce qu'on doit et puis c'est tout. Une fois qu'on a un toit pour se couvrir, un lit pour dormir, un pagne pour se vêtir, de quoi manger sur la table et une famille pour partager le tout dans le love, le support et le respect, que faut-il de plus ? Que demander, que chercher en plus ??? Qui reste-t-il à impressionner sinon nos aïlleuls ? Qu'est-ce que le succès sinon la paix d'esprit dans l'incarnation absolue du présent ?
Je rendrai au mieux de mes capacités justice et honneur à tout ce que nous avons vécu ensemble, à tout ce que vous m'avez cédé. Bassééééé !!!

Merci Papa Mwanmousse de m'avoir présenté mes soeurs et frères avant ton départ. Merci de leur avoir si bien transmis les connaissances et la tradition auxquelles ils m'ont initiée à leur tour. Me say freedom! Welcome to the land of the free, grand chef!
Gloire aux ancêtres !

À tous ceux qui me lisent, je ne peux pas en dire plus pour l'instant.
Je ne vous parlerai pas dans les mêmes termes que les journalistes et les touristes qui cochent des cases sur une liste à boucler alors qu'à chaque révolution, le paysage change.
Je ne vous montrerai pas non plus des photos “ out of this world ” pour provoquer en vous une quelconque indignation, consternation ou un détachement radical, pour vous montrer que j'ai vu ce que vous ne verrez jamais.
Je préfère vous montrer la grandeur des gens, de la jeunesse, de la vibe, de la nature !
L'Afrique, c'est la réalité complète dans ce que l'homme a accompli de plus dark et de plus beau. Dans ce qu'il est de plus sauvage et de plus domestique, pour ne pas dire mécanique. C'est l'homme alpha et oméga. L'Afrique, c'est une prolongation d'où nous sommes. C'est ici, mais à outrance ! À exorbitance ! C'est ce que nous serions si nous ne nous étions pas oubliés. C'est ce qui se cache derrière nous. C'est ce qu'il reste de nous si on s'extirpe du soi-disant privilège de l'inégalité sociale, du confort qui, dit-on, nous protège mais réellement nous mortifie lentement, jusqu'à ne plus attendre aucun souffle à part des commandes à exécuter machinalement. Enter. Enter. Enter dans le vide !
L'Afrique, c'est la force de la nature et c'est en elle que nous sommes vivants !
J'espère que ces mots et ces images vous permettent de comprendre un peu ce que j'ai vécu là-bas. D'ailleurs, j'y suis encore.
En ces 17 jours de tournée, j'ai vécu toute une vie d'événements et d'émotions.
Je ne suis plus la même.
Sortons de Montréal. Sortons du Québec. Sortons de l'américanité. Sortons des ghettos et allons voir le monde !
Comment se fait-il qu'il nous connaisse et qu'on ne le connaisse pas ?
Get out the grid, people!

One love!


 

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