Jenny Salgado

alias J.Kyll

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J'suis en train de regarder le logo de Occupy Wall Street et il me garde figée.
La ballerine qui tient sa pose en équilibre sur le dos du taureau qui se rue sans se soucier de la foule...lol
Non, non. J'me moque pas de l'image. Je l'aime bien, au contraire. C'est simplement que la situation présente me porte à aller tellement ailleurs dans son interprétation !
Qui est le taureau ? Qui le provoque ? Au sein ou l'écart de la foule ? Qui est la foule ?
En fait, quoi qu'il adviendra, y'a que pour la ballerine que le show must go on.

L'un des deux gars qui ont parti ça, Occupy, a écrit un livre qui vient de sortir : The End of Protest, a new playbook for revolution.
Une émission radio bien respectée sur les ondes intellectives restantes de Radio-Canada, avec laquelle je suis toujours flattée, ravie et optimiste de collaborer (ce qui est rare car les collabos se font désormais de plus en plus affadissantes), m'a invitée à le lire et à venir le commenter et en partager mon appréciation.
J'ai lu le livre avec grande attention et avec beaucoup de respect.
J'étais quasi conquise d'avance vu le sujet et le profil de l'auteur qui cadrent parfaitement le pourtour de mon personnage et de mes actions présentes.
Et de toute façon, étant moi-même artiste, jamais je n'aborde une oeuvre en cherchant à la juger avant de lui avoir laissé tout le temps qu'il faut pour m'apprivoiser, avant de m'imposer toute l'ouverture qu'il faut pour éventer l'imaginaire que j'en crée, que le titre à lui seul fait naître déjà dans mes pensées, afin de devenir hôte et laisser toute sa place à l'auteur.
Je m'excuse pour ce défaut. Un artiste, ça crée tout le temps.

Je n'ai pas aimé le livre. Or, le livre n'est pas mauvais.
C'était clair pour moi que je n'avais pas dans les mains un ouvrage pourri jusqu'à l'os. Il n'a vraiment pas répondu à mes attentes et ambitions personnelles mais certainement que dans les mains d'un autre, il a dû tomber dans l'mille ! Toucher le bull's eye !
C'est c'que je m'étais foutrement préparée à aller expliquer justement et en détails à l'émission avant d'apprendre, la veille, que mon compte rendu allait être partagé avec celui d'un autre critique...

Me voilà assise devant le micro.
Je n'ai même pas besoin de lire mes notes tant je connais l'oeuvre et ses fondements
, confortable dans mes opinions honnêtes.
Lights on, on est en ondes. Et le spectacle commence.
Je n'ai même pas eu le temps de replacer mes idées. Rien de ce que je croyais essentiel à dire n'a été dit. Aucune présentation. Aucune construction. Aucun changement d'angle de point de vue. Le livre s'est simplement fait rentrer dedans, sans autre forme de procès.
My bad. Je ne m'étais pas préparée à adosser un show. Ni à lui faire front.

L'auteur, qui est américain et anglophone, nous écoute en direct. On le sait puisqu'à côté de nos micros, on a tous nos cell ouverts sur mute et on reçoit ses tweets live en feed-back devant nos yeux. Et ça, by the way, c'est le revers de la merdouille insignifiante et gonflée des médias sociaux : l'outil, l'arme massive de la communication torrentueuse et instantanée qui nous relie tous et moque le totalitarisme des frontières.
Je peux lire un livre et m'adresser directement, au beau milieu de ma lecture, à son auteur.
Je peux àcrire un tweet qui deviendra l'élément déclencheur d'une révolte imposante. Fou.

L'auteur tweet : “ Now I wish I spoke french. Listening now, sounds like a lively discussion.
Dans le bourdonnement de la pause commerciale, j'ai pensé : “ Bull, man. I'm sorry. Si tu nous comprenais en ce moment, soit tu serais juste déçu, soit l'impertinence de notre spectacle t'aurait déjà fait changer de chaîne. ”

Je voulais vous dire que ce livre n'est amer qu'à mon appétence propre. Que son sujet et les thèmes abordés sont si nécessaires que dans les yeux d'un autre lecteur, ailleurs dans le temps ou l'intention, il pourra certainement, peut-être même efficacement, servir.
C'est un livre qui appelle à repenser la révolution, à réfléchir l'activisme pour lui permettre de perdurer et ça, déjà, ça me parle.
Ça me porte à au moins ouvrir un dialogue avec l'oeuvre et/ou l'auteur, même si ce n'est que pour un relancement, pour lui faire part de mes déceptions, des carences, pour lui en demander plus, ou moins, pour lui dire d'aller plus loin, qu'il est temps de discuter entre adultes créateurs pour qui les cris de ralliement ne sont qu'avant-propos de l'emblême du changement qu'on doit mettre en scène et que j'attends tout de même le prochain entretien qu'on devra dépasser.
Mais ça, c'est moi. J'suis qui, moi ?

Oser critiquer, quand c'est fait justement, est un geste activiste.
Ça l'est d'autant plus quand on s'attaque à qui se dit ou se veut créateur.
Je vais devoir refléchir…
J'avais oublié que j'étais de cette société du spectacle, pour reprendre les mots de Guy Debord, où même le critique a son costume et ses feux d'artifice.
Je me suis présentée anonyme et campée plutôt qu'unanime et éblouissante. J'avais dans les mains le feu qui ne fait pas de bruit. J'ai dû me prendre pour une tireuse d'élite. lol

American Fuck You Pie On Your Wall Street!!!

«Mon précieux...»chuchotait Gollum
Référant à lui-même à la troisième personne
Image et symbole mais qui connaît l'acteur ?
Et quand il dit “ Nous ”, qui en lui règne ?

Nul besoin de lire mes notes, oeuvre que je connais par coeur.
Comment rester sensible ?
Une ballerine danse sur le dos du taureau. The show must go on.
Mais y'a que pour le taureau que toutes les lumières s'éteignent
quand il ne voit plus que sa cible.

“ La philosophie doit trouver sa réalisation et non plus sa discussion. ” - Le taureau ballerine (du philosophe accompli)


Conversation Twitter entre Micah White et moi :

Thanks to Micah White who was, to my surprise, willing to stay open and discuss constructively about the different opinions provoked by his book. The windows of mutual respect ;)
Bridging the gaps of public relations and therefore reducing the distance between what the revolutionaries say we want and what the people truly needs is the first stone towards real change.
Now let's see if that stone should be thrown at or reinforce the wall

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