Jenny Salgado

alias J.Kyll

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Montréal occupé ?

 

Y’a cet idéal qui nous inspire…

 

Et y'a cette réalité qui nous aspire...


 

Les pensées qui m'occupent...

 

  • Moment historique ! Peut-être qu'on ne sait pas exactement c'qu'on veut. Peut-être qu'on ne sait pas comment décomposer cette ère écrasante. Mais on sait s'harmoniser. Et c'est déjà un début de se lever pour réclamer la fin. Standing oration.
  • Si on vous donne la marche à suivre pour sortir de la pauvreté et devenir à l'aise et libre financièrement, la suivrez-vous, quoi qu'il en coûte ? Bien. D'accord. Alors, assume the position.
  • « Cette fausse démocratie n'est qu'une dictature ! » On dit ne plus croire en ce système pourri quand en fait, le chaos est en nous. C'est en nous qu'on ne croit plus. Alors plutôt qu'ordonner le système, on attend qu'il nous dicte en quoi nous devons croire.


  • Straight up, le 99% soutiendra toujours le 1%. Bienvenue dans la pyramide du pouvoir démocrasseux. Qu'est-ce tu veux... Mais la question restera toujours la même: Le 1% sert qui ? Car nous aurions tous aimé pouvoir nous servir nous-mêmes.


  • Demandez au 1% ! Cette révolution est symbolique. Mais les symboles doivent être les totems des actions et des gestes que nous posons à chaque jour. Voilà c'qui nous définit, ce qui démontre qui nous sommes et les raisons pour lesquelles nous marcherons.

 

C'qui m'embête, c'est qu'il y a tant de gens qui se lèvent pour poser un geste symbolique qui masque une certaine hypocrisie. Car le monde est exactement comme on veut qu'il le soit. Comme ON l'a décidé.

Combien de gens ne sont préoccupées par rien du tout. Et ils iront s'asseoir su'l gazon à la Place du Peuple, question de faire partie de quelques photos qu'ils pourront montrer à leurs enfants dans peut-être 15 ou 20 ans en leur disant: « J'étais là ! ». Et les plus sincères demanderont pardon.

Ici, au Québec, on décide notre monde à chaque geste qu'on choisit de poser. À chaque fois qu'on vote ou qu'on gaspille notre droit de véto en n'se renseignant pas avant de se prononcer. Qu'on vote pour le gars ou la femme qui à l'air cool sans même savoir ce qu'ils proposent. Sans connaître la situation du Québec interne et international.

Quand on choisit de prioriser « l'entertainment » avant l'éducation, dans notre culture, dans nos médias, dans nos œuvres !

Quand on choisit de manger fast plutôt que d'manger bien ou local.

Quand on creuse des trous dans l'globe en s'disant « Fuck la nature. Moé, ça m'prend du vert dans mon wallet ».

Quand on préfère distraire nos enfants plutôt que de les instruire. Qu'on les agglutine su'l'sofa devant la télé et les jeux vidéos, devant des images virtuelles du monde où ils devront éventuellement marcher. Et quand ça commence à les démanger, qu'y pognent la bougeotte, on leur refile deux trois cachets. Ça leur évitera l'cachot. Fin de l'incandescence.


C'est tout notre cinéma ! Les airs qu'on s'donne, qu'on entend, qu'on fait jouer, qu'on fait gober aux auditeurs en leur disant « ouais ouais, c'est ben ben bon ! On est les meilleurs ici ! Croyez-le ! »

Et les artistes tirent la langue, tirent sur leur révérence, tirent au poignet...car tout c'qu'on watch, c'est le ton qui fait monter les cotes d'écoute, au plus vite, sans considérer le time signature. Off beat!


Quand on sait pas comment faire bien, comment faire beau, comment faire deep et qu'on appelle ça « cool ».

Quand on sait qu'c'est même plus cool et qu'on joue les cons. Et qu'on appelle ça du « sarcasme bon enfant ». Moi, je trouve que c'est mal vieillir quand on n'sait pas dealer avec la-larme et les temps-denses.

Même cette musique de la rue, « El Rap », qui parlait de nous, qui s'exprimait crûment, sans façons, ne fait maintenant que dans la contrefaçon. Plus tu es cru, plus tu mens.

Qui veut l'changement ? Le sommeil est si profond et le rêve, si lointain. On est tous Candide. La vérité ? C'est qu'du p'tit change ! Cut me the check and you can keep the reality...and buy yourself some candy.


C'est quand on s'endette vivement pour être dans « l'coût », pour prouver au monde qu'on a réussi pour l'âge qu'on a ! L'âge qu'on nie comme notre vrai visage parce qu'on sort pas d'chez nous sans toutes ses belles parures et qu'on chillera pas ensemble si on n'sait pas rire ! Ha ha ha! 'Sti qu'on est drôles ! Joue ton rôle, soit l'ombre de l'illusion de toi même. Fait les rire qu'ils se roulent à terre sans jamais fouler la douleur qui les habite.


C'est d'la merde ! Ça pue ! On talk shit! Tout l'monde est ben fin mais qui a l'courage d'être raffiné ?

On veut aimer tout l'monde mais on n's'aime pas nous-mêmes ! On prend l'calumet mais on veut pas l'tipi ! Faut qu'on reste typique ! Pis on l'aime, notre ti pain...

Fuck les intellectuels, désuets comme leurs livres. Y'a qu'la télé ré-aliter qui nous hèle et nous délivre quand on a les pieds sur terre et qu'la vie nous captive.

On fait exprès pour parler mal pis on s'dit qu'on s'comprend entre nous. Et dès qu'y'en a un qui utilise queck mots précis, on dit qu'y fait l'précieux. Qu'y doit s'prendre pour un autre...


On s'rabaisse ! On s'résigne ! On démissionne ! On s'fout des racines comme des bourgeons. Car c'est des conneries de bourgeois ! Naissent-pas ? Pis si on trouve pas la joie, ben on s'ouvrira une Bleue pis on s'fumera d'la résine. Au pire, on fera brûler d'la roche dans la cuisine. Parce j'su ben à pic. Ça va arrondir la fin du Moi.


On décide qui on est.

On décide notre monde à chaque fois qu'on voit qu'il s'écroule et qu'on choisit d'passer, tout droit.

Occupons-nous de nous.

 

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Totalement saoulée de tous ces prétendus spécialistes qui se prononcent sur le pourquoi, le comment, la cause et l’effet, la reconstruction et l’avenir d’Haïti.

C’est le nouveau sujet à la mode pour les intellectueurs, pour les imprégneurs de théories pour perroquets, pour le spectacle de la spéculation.

A beau médire qui vient de loin !

Voici venir les médias. Voici le venin de l’immédiat.

Ils sont venus, ils ont vu mais ils n’ont pas vécu !


Moi qui suis d’origine haïtienne, moi qui connais relativement l’Histoire ou les histoires racontées par ma grand-mère patrie, moi qui entends parler et se battre ma famille vivant toujours là-bas, je n’oserais jamais me prononcer sur un sujet aussi complexe et diachronique. (Pardonnez-moi l’emploi de ce dernier mot. LOL ! Vraiment pas par prétention mais par simple souci d’exactitude dans l’abrégé. C’est l’effet de le Twitterisation et du «disposable thinking» Et là, j’ viens d’ vous rallonger ça un brin avec ce talkshit à la con… Anyway…)

Rien ne peut être expliqué avec justesse et intégralité sous l’étude d’un simple regard ou d’un singulier instant. Même pas cet instant lui-même ! Et pourtant…

Qu’est-ce qu’on entend profaner ! Trop souvent, trop de rhétoriques du vide profond et interminable, semblables à la bêtise assassine qu'on entend chialer à propos de tout et de tous ceux qu'elle ne comprend pas:

«Maudits itinérants qui salissent nos parcs ! Des bons à rien !»

Un instant !

C’est pas d’ la bourse-à-pasteur ! Voilà ce qu’on appelle manger la racine par le pissenlit.  Si ces gens sont seuls aujourd’hui, ils ont certainement déjà eu un toit. Et peut-être même déjà eu un TOI.

«#$%#$% de détenus ! Qu’ils crèvent en’dans !»

Un instant !

Avant d'être incarcérés, ça faisait combien de temps qu'ils crevaient déjà en'dans, le coeur sérré, comme t’en as souvent l’impression toi aussi ?

Tout l'monde fait son chiffre. Seul le temps connaît tous nos romans.

«@#%#$% de jeunes ados délinquants ! Y’ont pas d’avenir !»

Quel avenir leur as-tu laissé ? Quelle enfance leur a-t-on donnée ?

«Le Québec ! Ce sera jamais un pays ! C’est même pas encore un peuple !»

Un instant...

Et c’est comme ça qu’on garde aiguisés les longs couteaux de l'ignorance et de l'hypocrisie.

Haïti, c’est pas que ces bidonvilles, c’est pas Cité-Soleil. C’est ni la famille Doc, ni Aristide, ni Préval. C’est pas le colonisateur qui récolte sa dîme, ce n’est ni le fief, ni le vassal. Ce n’est pas l’homme blanc qui possède l’or de nos plages remplies de touristes assoiffés de bonheur et de chair noire. Ce n’est pas le Nègre, descendant de Louverture ni le Nègre de l’Oncle Sam, ni le grimo du silence des cases dans le creux de la nuit.

Ce n’est pas l’aide humanitaire ou internationale. Ce n’est pas le palais national et ce n’est certainement pas ce tremblement de terre, secousse de nos allégories.

Ayiti, c’est aussi l’Afrique, les Arawak, les Taïnos.

C’est Alexandre Dumas, le créole et la couleur de la francophonie. C’est Roland Morisseau, Serge Legagneur. C'est le Konpa, le Zouk. C’est le diri kole ak grio ak bannan peze, la soupe Joumou du 1er janvier, c'est notre festin au lendemain du souper du jour de l'an de nos maîtres qui ont laissé des restes...

C’est la rébellion, l’Indépendance, la révolution tranquille ou armée. C’est l’homme qui se tient debout ! C’est la Liberté qui ne veut plus jamais se taire !

Ayiti, c’est Mathieu Da Costa, c’est Aimé Césaire, c’est nos chemins de fers, c’est la légion #50. C’est nos manufactures, notre médecine, nos ingénieurs, nos professeurs.

C’est plus de 130000 Québécois ! C’est Dany Laferrière, Stanley Péan, Rodney Saint-Éloi, Émile Olivier, c’est Muzion, c’est vous, c’est moi, c’est nous !

C'est toute la généalogie de nos mémoires et de notre destinée.


Il a neigé à Port-au-Prince.

Cessons de tirer des balles.

Cessons nos balivernes.

Car ce n’est pas le mal qui hiverne

Sous les dédales de nos décombres

C’est notre printemps !

En’n baye li chenn !

Nous retournerons bientôt au bal

Sapés comme des altesses et des princes

‘Cause every man knows how to dance

Et le monde est un carnaval

Every man knows how to love !

Nous nous aimerons, sous le soleil blanc

Comme nous savons aimer dans l’ombre.


N’oublions pas ce que nous étions déjà hier et ne remettons pas à demain ce que nous devons être aujourd’hui.

Jenny Salgado


Ces Québécois venus d'Haïti

Apport des Haïtiens à la francophonie

 

Ayiti La !

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Commémoration du 5ième anniversaire du séisme en Haïti...

C'est à la Tohu, du 10 au 12 janvier 2015, et c'est gratuit pour tous !

Cliquez sur l'image pour plus d'infos

http://www.jennysalgado.com/images/stories/photos/AYITILA%20Affiche.jpg

 

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C'est le titre du texte que j'ai écrit dans le dernier numéro ( Rétro Projecteur ) de l'excellent magazine « Nouveau Projet » , récipiendaire, entre autres mentions, du prix décerné au Magazine de l'année au 38e Prix du Magazine canadien à Toronto.

Ce qui est vraiment réussi dans l'ensemble de cet ouvrage, selon moi, c'est que chaque collaborateur est bien campé dans ses forces, dans son propos, sa forme, son style.
Ça donne une intéressante variété d'approches sur le tème proposé et donc une belle humanité au recueil.

Cliquez sur l'image pour accéder au site, y feuilleter un extrait gratuit et vous abonner au magazine si vous en avez envie.
 
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